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La mort dans la création

(Si vous écoutez Unité 9 ou District 31 et que vous n'avez pas vu les derniers épisodes, ne continuez pas de lire ce texte!)





En début de semaine, nous apprenions la mort d’un personnage central d’une émission de télévision québécoise, le Lieutenant Nadine Legrand, de District 31. Cette mort survient dans la même semaine (l’accident de moto où elle a perdu la vie est arrivé la semaine passée, lundi, c’était juste une confirmation) que la mort de trois personnages de la série Unité 9. Trois d’un coup. Quatre femmes au caractère différent, mais à la fois fortes et vulnérables, viennent de perdre la vie dans nos séries québécoises préférées. Quatre personnages féminins d'une importance réelle dans l'histoire de ces séries. Quatre femmes parties. Pouf! 


Ces morts controversées m’ont rappelé celle de Lexa dans The 100 (série m’ayant inspiré mon premier roman, Au-delà du devoir). À ce moment, la mort du personnage de la série américaine avait pris des proportions inégalées sur les médias sociaux. Plusieurs (et j’en étais une) critiquaient le fait d’avoir tué un personnage ouvertement lesbien. Le discours allait plus loin que la simple mort de Lexa. Pour ma part, la mort de ce personnage était à la fois triste pour la communauté LGBT, mais on voyait aussi un personnage féminin fort et central d'une histoire disparaitre. Tout comme Nadine Legrand de District 31.


Enfin, bref, avec la mort des différents personnages de la télévision québécoise cette semaine, je me suis vraiment mise à réfléchir en tant qu’auteur moi-même. Qu’est-ce que la mort d’un personnage peut apporter à une histoire. Un roman, c’est différent de la télévision. À l’écran, cela permet d’introduire de nouveaux personnages, de nouvelles intrigues. Dans un livre aussi, mais à moins d’écrire un roman de six cents pages ou une série de plusieurs tomes, faire mourir l’un de nos personnages principaux laisse moins de place à la relance d’une intrigue ou l’introduction de nouveaux personnages.


Je suis une fille émotive et je dois admettre que toutes ces morts me touchent. On m’a souvent parlé de Game of Throne où les morts s’accumulent chaque saison. Je ne sais pas à quel point je suis heureuse de voir des personnages mourir chaque année. Je sais que certaines émissions sont propices à ce genre de conclusion de par leur thème comme Game of Throne, par exemple. Cependant, lorsqu’une série commence à tuer ses personnages dans le seul but de rehausser les intrigues, il est peut-être lieu de se demander s’il ne serait pas mieux de fermer les livres et passer à autre chose (je pense surtout à Unité 9 ici).


Bref, je ne crois pas que je suis une fervente des morts dans les histoires. Je suis peut-être un peu trop émotive, même si ça reste de l’imaginaire. On s’attache à ces personnages qu’on apprend à haïr ou à aimer. Je sais que cela reste personnel à l’auteur et au créateur. Je ne jugerai pas leurs œuvres même si je ne suis pas toujours d’accord. Je vais juste avaler ma pilule et tenter de trouver l’intérêt de continuer à écouter ces émissions. Parce qu’il est là le défi des créateurs. Continuer à garder l’intérêt des téléspectateurs après la mort de certains personnages importants, ce que The 100 n’a pas réussi avec moi…

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