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L'image de l'endettement



Lorsqu'on devient un adulte, on ne nous dit pas toujours ce qui nous attend vraiment. On doit apprendre de nos erreurs. On doit faire nos expériences même si elles ne sont pas toujours positives. On doit apprendre à gérer nos amours, nos études et notre argent. La génération dans laquelle je vis me rend la tâche parfois plus difficile que je l’aurais imaginé dans le passé. J’ai 32 ans et j’ai l’impression que je n’arrive pas à apprendre…



Il y a quelques années, j’ai pris la décision de faire une consolidation de dette dans ma jeune vingtaine pour sortir la tête de l’eau d’un épisode de ma vie où j’étais tellement fébrile de pouvoir tout me procurer d’un claquement de crédit que je n’ai pas vu le total arriver. J’avais une MasterCard, une carte visa, quelques comptes accès D sans parler de mes comptes de survivance d’appartement (hydro, Vidéotron), bref, tout pour me rendre le stress hors de contrôle. En faisant une entente, je coupais aussi de 99% mes endettements éparpillés partout. J’avais gardé que ma visa en ayant pris soin de diminuer de beaucoup ma limite voir de ¾. Toujours est-il que j’ai réussi à m’en tirer et à sortir la tête de l’eau. J’avais appris sur le coup que malgré toutes les publicités que l’on pouvait faire sur l’accessibilité du crédit on ne pouvait pas s’en sortir si on en abusait. La facilité, quoi que grisant sur le moment, n’a jamais été un gage de succès dans la vie.



Les années ont passées. J’étais consciente maintenant du danger du crédit et je me faisais un plaisir de calculer toutes mes dépenses dans les moindres sous. Je ne voulais pas de nouveau être prise à la gorge. Mais la vie étant ce qu’elle est… Un arrêt de travail imprévu, un retour à l’école, l’argent qui se fait rare, c’est le crédit qui revient comme une bouée de sauvetage mortelle. On remplit de nouveau la carte (au moins je n’en ai qu’une maintenant) mais on s’en sort bien quand même, tout est calculé.



Les projets se bousculent en peu de temps. Une maison, une voiture, 2 chiens, des rénovations… On budget, on calcule, tout se passe bien. Jusqu’à ce que l’envie du plaisir prenne le dessus. Mes parents ont passé presque toute leur vie (quand on était là) à se sacrifier pour nous. On avait droit à quelques surprises évidemment mais pas de gros éclats, de grosses dépenses. Maman faisait (et fait encore) de la bouffe, on ne s’habillait pas avec des marques impayables et on ne faisait pas de voyage. On avait ce que plusieurs famille n’ont pas de nos jours, du temps ensemble! En achetant notre maison, on s’était dit qu’on ferait comme nos parents. De la bouffe maison, des soirées cinémas, des travaux dans la maison, bref, diminuer les dépenses. Bien qu’on ait passé l’âge de faire des folies, il nous arrive fréquemment de refuser ce statut tranquille à la maison. Alors, on va au resto, on va au kinzo, on s’achète des trucs pas nécessaire à court terme… Il suffit d’une défaillance (une erreur de paie) et voilà que nous déboule, le crédit tous sauve la peau encore…



J’ai 32 ans et je ne sais pas comment gérer les imprévus. C’est tellement facile d’emprunter un 50$ sur ma carte de crédit au lieu de me demander si ce 50$ dépensé était nécessaire. À 32 ans, mes parents devaient gérer une famille de 5 avec un salaire. S’il est vrai que c’était deux générations différentes, le fait est qu’on a jamais manqué de rien! Le salaire de mon père était beaucoup plus minime que celui que nous avons à 2 et nous trouvons tout de même le moyen de se prendre à la gorge.



Ma copine m’a déjà fait la réflexion que de nos jours c’était l’image la plus importante. Tout le monde avait l’air d’avoir de l’argent (maison, voiture, voyage) mais tout le monde était pris au cou, endetté. Pour l’avoir vécu et le vivre encore, c’est tellement facile d’utiliser du crédit pour avoir ce qu’on veut mais il faut être capable de le payer. Les banques font de l’argent sur notre dos avec le crédit en se contrefichant de notre capacité de payer.



J’ai 32 ans, une hypothèque, un prêt auto, 2 prêts étudiant, une carte de crédit pleine, un prêt accord D…. Je suis l’image de l’endettement!

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